Voici  donc le début d’un longue (je l’espère) série de «tutoriels» consacrés à quelques aspects parmi les plus représentatifs de ces musiques inventées et passées de violon en violon depuis en gros un siècle et demi à travers les montagnes et les vallées d’Auvergne et du Limousin.

    Ces vidéos sont déstinées à toutes celles et ceux qui désirent découvrir l’univers sonore et les formes de ces musiques dont nous avons fait des objets «artistiques» depuis le revivalisme des années 70/80’ et donc aussi des objets d’échange entre musiciens. Donnant une valeur esthétique et distinguant au passage des «styles» et leurs porteurs ou inventeurs au fur et à mesure que l’on voyait apparaître une immense «carte du pays du violon». Le contexte historique, social et culturel de de la genèse de ces musiques est bel et bien révolu...mais la force évocatrice et la géniale simplicité de ces airs est telle qu’elle nous promet encore beaucoup de plaisir à les jouer ensemble...alors j’espère vous aider à entrer dans cet univers...

    Je tiens toutefois à préciser que je ne prétend à aucune rigueur scientifique quand à la transmission de cette musique, j’espère seulement être fidèle à son esprit. Ceux qui veulent l’»étudier» dans sa précision ethno-musicologique devront plutôt s’intéresser directement aux sources collectées.

INITIER ET TRANSMETTRE...

Joseph Perrier (1911-2003) chez lui à Perol. Photo F. Breugnot

    Nous commençerons donc avec quelques morceaux du répertoire de Joseph Perrier.

    Il était un des plus fameux violoneux de l’Artense et son répertoire était composé pour beaucoup de bourrées à 3 temps bien sûr, mais aussi d’une certaine varieté d’airs dont voiçi extrait une marche de noce, la «Marche de Marcel Mercier». Ce morceau dont la mélodie est très simple permet de mettre en place un balancement rythmique caractéristique de ces marches en 6/8 de violoneux...

    Et maintenant deux bourrées, à 3 temps bien sûr. «Lo cocut chanta», sur une métrique de 6 mesures à la phrase rythmique bien caractéristique de ce format. Et «La Claude», standard auvergnat joué par des accordéonistes, cabrettaires, violoneux, ici dans la version de Joseph Perrier avec sa phrase B très personnelle.

    J’ai pris des tempi plutôt lent pour les besoins de la démonstration, les plus jeunes (d’esprit) joueront plus vite...mais n’oubliez pas que la vitesse masque souvent nos petits défauts, alors tournez la poignée si vous vous sentez surs de vous !

François Breugnot / Violon en Auvergne

Ces airs sont consignés dans l’ouvrage collectif ci-contre consacré à la musique de J. Perrier. C’est quasi une somme sur le sujet. Vous pouvez le trouver ici :

http://aepem.com/Catalogue17.php

ou ici :

http://boutique.mustradem.com/product_info.php?manufacturers_id=&products_id=104&osCsid=utt2mr2mqej2boi8ltiimqofl7