Violon en Auvergne

Montagnes et plaines au pays du violon

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Voici des vidéos consacrées à quelques aspects parmi les plus représentatifs de ces musiques inventées et passées de violon en violon depuis environ un siècle et demi à travers les montagnes et les vallées d’Auvergne et du Limousin.
Ces vidéos sont destinées à toutes celles et ceux qui désirent découvrir l’univers sonore et les formes de ces musiques dont nous avons fait des objets esthétiques depuis le revivalisme des années 70/80’, et d’autre part des objets d’échange et de création entre musiciens. Avec le temps, nous avons découvert puis défendu la singularité et la force de ces musiques en distinguant au passage des styles et leurs inventeurs au fur et à mesure que l’on voyait apparaître une immense «carte du pays du violon». Le contexte historique, social et culturel qui a vu ces musiques s’épanouir est bel et bien révolu mais la force rythmique et la géniale simplicité de ces airs est telle qu’elle nous promet encore beaucoup de plaisir à parler cette langue ensemble, à inventer des formes sans limites.

Ainsi, j’espère partager avec vous le goût pour cet univers…

Je tiens toutefois à préciser que je ne prétends à aucune rigueur scientifique quant à la transmission de cette musique, j’espère seulement être fidèle à son esprit et au plus près, au plus sincère de ce que j’en ai compris et assimilé. Ceux qui voudront l’étudier dans sa précision ethno-musicologique devront évidemment s’intéresser directement et en premier lieu  aux sources collectées.

Il y a quelques années...

Des rencontres avec André Gatignol, Joseph Perrier, Jean Farges, Eugène Amblard, Henri Tournadre m’ont donné l’occasion de ressentir en direct la force de ce « violon traditionnel », une façon d’utiliser un instrument de musique bien différente de ce que je connaissais… Mais c’était aussi une façon de rentrer en connexion avec des « pays », des communautés qui, loin de notre fracas urbain, témoignent d’un autre rapport à l’environnement humain et naturel.

Afin d’écouter-voir les témoignages et le son de violoneux qui continuent l’histoire, je vous invite à voyager dans le web-doc « Violon populaire du Massif-Central », initiative du CRMTL.

Joseph Perrier, violoneux de l'Artense

Joseph Perrier (1911-2003) était originaire de Champs sur Tarentaine. Ouvrier agricole, menuisier et musicien, il tenait son savoir de son père et de Joseph Rivet. Il a toujours ouvert sa porte aux musiciens de l’époque « moderne » avec Germaine, sa femme.

Joseph Perrier et Henri Tournadre à Marchal. Photo F. Breugnot

L’ouvrage collectif ci-dessus consacré à la musique de J. Perrier est une somme sur le sujet. Vous pourrez le trouver ici :
http://www.aepem.com/produit/les-airs-de-jo/

Ce recueil, accompagné de 2 CD, offre un panorama des airs joués par de nombreux violoneux de la zone artensière (A Mouret, E. Amblard, A. Gravière, A. Rochon, J. Lacoste, J-M Chassagne, J. Boyer, E. Chabozy, F. Roussel, H. Tournadre, J. Perrier, A. Gatignol). La notation est très claire et l’interprétation des mélodies, volontairement simplifiée, très abordable.

Vous pourrez le trouver ici : https://phonolithe.fr/boutique/livres-dvd/815-jean-marc-delaunay-les-violons-de-l-artense.html

Les vidéos qui suivent ont été conçues pour permettre à tout joueur de violon de s’initier au répertoire de violoneux auvergnats comme celui de Joseph Perrier. Elles sont donc réalisées en exposant les éléments et notions essentiels contenus dans les morceaux et en les intégrant au fur à mesure à l’interprétation proposée. Ce ne sont pas des versions définitives de ces airs, car, comme toute musique vivante, celles-ci évoluent avec le temps.

Joseph Perrier était un des plus fameux violoneux de l’Artense et son répertoire était composé pour beaucoup de bourrées à 3 temps bien sûr, mais aussi d’une grande variété d’airs différents dont voici extraite une marche de noces, la «Marche de Marcel Mercier». Ce morceau dont la mélodie est très simple permet de mettre en place un balancement rythmique caractéristique de ces marches en 6/8 de violoneux.

Et maintenant une bourrée, à 3 temps bien sûr. «Lo cocut canta», sur une métrique de 6 mesures à la phrase rythmique bien caractéristique de ce format.

Et «La Glauda», standard auvergnat joué par des accordéonistes, cabrettaires, violoneux, ici dans la version de Joseph Perrier avec sa phrase B très personnelle.